Le mot est un être vivant
(Victor H)

Deiziataer

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Mme K

Samedi 21 novembre 2009
D'habitude je ne me laisse pas désarçonner par le temps pourri. Je suis même assez indifférente au temps qu'il fait, mon humeur ne s'en ressent pas, ce qui est d'autant plus facile que par chez nous on a à peine le temps de se dire, tiens il pleut, que le soleil se pointe, et inversement. Tout me va. Le chaud, le doux et le froid, les averses, les nuages et les arcs-en-ciels, le grand vent et la petite brise, le grand bleu s'il ne dure pas, je ne suis pas difficile. Même le brouillard, tiens, et la neige. Mais aujourd'hui je dis, c'est une journée de m..., une vraie. Primo, je n'ai pas encore vu la mer de ma fenêtre. Deuzio, le ciel est uniformément gris pisseux. Et de plus il pisse. Sans arrêt depuis ce matin. Il vente aussi. Et il fait sombre. Bon je sais, miz Du. Et à suivre miz Kerzu. Ça ne me rend pas la journée moins pourrie.

Une journée pourrie, c'est une journée où on n'a pas envie de mettre le nez dehors, alors qu'on avait prévu d'aller se refaire les lombaires en marchand sur le chemin côtier. C'est une journée où on ne se décide à sauter dans son pantalon que vers midi (et donc on a raté le marché et la petite mousse au café de halles), pour courir à la banque entre deux averses, au cas où l'averse ne serait pas suivie de pluie, mais on sait qu'on a peu de chances. C'est une journée où on n'a pas envie de se faire à manger, ni de lire, ni de faire le ménage, ni de changer les meubles de place, ni d'écouter de la musique (ça c'est très mauvais signe), ni d'écrire, ni de téléphoner aux copains, ni d'aller au cinéma, ni de faire du vide dans l'ordi, ni de rien du tout. Une journée où on n'a même pas envie de ne rien faire. Ne rien faire, j'aime. C'est un truc sérieux que je travaille, que je soigne, que je savoure. Mais là, aujourd'hui, j'ai même pas envie de ça. Quand je décide de ne rien faire, c'est moi qui décide, c'est pas cette saloperie de pluie.

Je suis tentée de me mettre des cotons dans les oreilles pour ne pas l'entendre sur mes vitres. J'irais bien me recoucher. Non, c'est trop loin, le lit est à trois mètres et il faudrait que je me lève de ma chaise. Je me ferais finalement bien un truc immonde à bouffer, genre gratin de nouilles pour six à manger toute seule, mais j'ai plus de nouilles, et rien qu'à l'idée de me traîner jusqu'à l'épicerie du coin et rentrer trempée, bouh...

J'ai vaguement eu l'envie de pondre une note pour le blog. Mais pour quoi faire, puisque tout est pourri aujourd'hui ? Et puis il aurait fallu réfléchir. Pas envie.

Par KarregWenn - Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Publié dans : Les râleries de Dame K
Mercredi 18 novembre 2009

Karagar a osé me jeter un gant. L'impudent imprudent, il me connait bien pourtant...Alors je vous préviens, vous n'êtes pas obligés de tout lire, vous n 'êtes même pas obligés de lire du tout, ça va être long, un peu. D'ailleurs ça me fait penser à un truc que je lis souvent dans des journaux, sous la plume de types dont c'est le taf de penser, et de nous faire connaître leurs nouveautés subcrâniennes, il paraît qu'au jour d'aujourd'hui, les gens n'aiment plus lire de textes longs. Ils aiment le bref, le condensé, le résumé, au fond un titre est largement suffisant, pourquoi aller se faire ch...à écrire des trucs longs ? Oui, pourquoi, si ce n'est juste pour clore le bec de cet impertinent de Karagar (qui va se croire obligé de faire mieux après, et là, permettez que je m'esclaffe par avance).

Donc, braves gens, comme vous n'êtes pas obligés non plus d'avoir suivi le débat depuis le début, je me permets de vous rappeler le sujet. «Quel est le post le plus long possible ? », oui, vous ne rêvez pas, enfin, plus exactement, non, vous ne rêvez pas, c'est la question à laquelle on me somme de répondre. Vous allez me rétorquer, je vous entends d'ici, « qu'est-ce qu'on en a à faire ? »Je suis bien d'accord avec vous, la question n'est peut-être pas tout à fait aussi cruciale que le « to be or not to be ? » d'Hamlet, que certains traduisent impudemment et légèrement par « une bière ou un whisky? », elle n'atteindra que difficilement le tragique de « d'où viens-je, où vais-je, dans quel état j'erre ? »

En est-on bien sûr ? Car, vous objecterai-je, humblement, moi qui n'ai pas suivi le cycle d'étude de Jacques Derrida (je savais même pas qu'il était mort en 2004, c'est dingue, non ?) ni d'ailleurs celui de Michel Foucault, ni, allez, soyons honnête, aucun autre, je vous objecterai donc humblement ceci : le poids d'une question ne vient-il pas d'abord du fait que la réponse n'a pas encore été donnée, et tant que personne n'a répondu, la dite question ne risque t'elle pas de rester à jamais sans réponse, et ce faisant, c'est à dire ne faisant rien du tout, ou tant que personne ne se mouille le maillot pour essayer de trouver une réponse, n'atteint-elle pas tout naturellement au plus haut degré du tragique ? Là je perds un peu le fil, mais qu'on ne s'inquiète pas, je vais le retrouver, ou sinon j'en trouverai un autre, car je ne reste jamais longtemps dans la posture de la poule qui a trouvé un couteau. Ah oui, ça y est, ça me revient (en fait c'est pas sorcier, j'ai juste regardé un peu plus haut ce que je venais de pondre, et tiens, n'est-ce point étonnant, je viens encore de faire allusion, dans un style qu'on pourrait qualifier d'imagé, et là j'en connais un bout car figurez-vous que j'ai fait quelques études, modestes certes, mais relativement longues, dans le domaine littéraire, encore allusion disais-je donc, à ce volatile réputé stupide, mais qui néanmoins nous pond bien gentiment notre oeuf quotidien, mais n'abusons pas, à cause du cholestérol), donc ça m'est revenu, Karagar se demandait «Quel est le post le plus long possible ? » Quand je dis Karagar se demandait, c'est une figure de rhétorique, car ce feignant ne se demande pas, il nous demande, et même, il me demande. Vous pouvez vérifier, c'est écrit en toutes lettres en commentaire de ma dernière note. Comme il me demande, et que c'est un bon ami, moi, que fais-je ? Vous me connaissez, je suis la bonne volonté même, j'ai un ami qui s'interroge, je le sens qui se noie dans l'insondable abîme de l'insupportable ignorance, je ne vais pas le laisser sur le bord de la route, avec sa question en bandoulière, hein ? Je suis sûre qu'à ma place, vous eussiez fait de même. Oui, mais vous n'êtes pas ma place, c'est à moi et pas à vous qu'il a posé la terrible énigme, tralalalalère, donc c'est moi qui m'y colle. Le corollaire, car corollaire il y a, et il est également terrible, c'est que si je ne donne pas la réponse, je me retrouve transformée en statue de sel. Bon, là je mélange un peu les mythes, mais si vous faites un effort, vous comprendrez aisément, car vous n'êtes pas, j'en suis persuadée, des ramollis du bulbe. (et là figurez-vous que c'est pas utile de susurrer en ricanant bêtement « ni du bulbe, ni d'ailleurs » puisque c'est une hypothèse que je n'ai même pas voulu envisager). Donc cessons de diverger et d'atermoyer, et allons droit au but, ou du moins tentons une approche logique. Pour être le plus long, un post doit avoir été confronté à d'autres qui seront moins longs, voire plus courts, vous êtes de mon avis ? Mais comment nous y prendrons-nous (première personne du pluriel qui n'a rien de papale, soyez sans crainte, c'est juste comme ça que s'exprimait la très belle brune qui me fit cours de philo, deux ans de suite, et donc forcément, j'ai beau avoir la tête dure, ça m'a marquée, elle disait « nous » et je trouvais ça très chic), comment nous y prendrons nous donc pour sélectionner les posts qui pourront être considérés comme entrant dans le domaine de notre recherche ? Fera t'on appel à des volontaires ? Permettez-moi de douter (ah ! le doute ! Indispensable, sans nul doute) de l'efficacité de la méthode car, comme je suis la première, désignée d'office pour ainsi dire, et que je compte faire très très long, mes éventuels quoique donc peu probables concurrents, dans la mesure où ils ne disposent pas pour la plupart comme moi-même et pour tout un tas de raisons que je ne détaillerai pas ici car ça serait trop long et ça pourrait lasser, d'un temps libre très conséquent (ah le Ministère du Temps Libre, c'est bien loin, hein ? Aux poubelles de l'Histoire, mes pauvres amis !), il en ressort incontestablement que les candidatures ne vont pas affluer et que nous aurons toutes les peines du monde (et le monde en compte, des peines) à réunir un matériau raisonnablement pertinent pour mener notre travail à terme dans les meilleures conditions de fiabilité. Si je puis me permettre ce raccourci, vous l'avez dans l'baba. Cependant, n'étant pas née de la dernière pluie, laquelle ne date que de la nuit passée, vous voyez bien que c'est impossible, j'en connais parmi vous, mes chers amis (et je me permets d'utiliser ce terme dans une sorte d'urgence non exempte d'une certaine angoisse car avec ce truc à la mormoil je vais sans doute perdre beaucoup d'entre vous, si, si, j'en suis sûre) j'en connais donc, j'en suppute et j'en subodore qui vont trouver le moyen de pondre un truc immense, au besoin en utilisant d'immondes subterfuges bassement informatiques à la portée du plus insignifiant claviériste de bas de gamme, genre copié-collé. Donc, et pour parer à toute éventualité, je propose à l'honorable académie qui se réunira sans tarder pour débattre de cet épineux sujet, car oui, les sujets aussi ont des épines, mais hélas ils ne sentent pas toujours bon, je propose d'exclure sans appel toute contribution qui serait visiblement marquée du sceau de l'infâme tromperie. On est entre gens bien, non ? Pas de ça chez nous !

Là tout soudain, je suis en train de me demander si je n'aurais pas légèrement digressé. C'est bien possible. Resserrons le débat. Le post le plus long, quel est-il ? Mais, car vous avez remarqué, il y a toujours un mais dès qu'on se met à réfléchir un peu sérieusement, est-ce véritablement la bonne question ? Il me paraît de l'ordre du nécessaire de définir d'abord ce qu'est un post long. Non ? Si. Or disposons-nous d'un quelconque et fiable étalon, reconnu par les instances internationales, pour mesurer les posts ? Si l'on considère que d'une part la largeur de la bande verticale consacrée à l'édition des dits posts varie d'une plate-forme à l'autre, que toutes les polices et tailles de caractères ne sont pas disponibles pour tous, que certains, plus ou moins volontairement, laissent des espaces qui pour n'être pas infiniment pascaliens n'en sont pas moins inutiles et dans le cas qui nous occupe, carrément emmerdants, et encore je ne parlerai pas ici de ceux qui écriront apperçu avec deux p juste pour gagner le concours, je ne vois pas le moindre début de commencement de système de mesure un tant soit peu fiable. On n'est pas sortis de l'auberge, vous pouvez m'en croire. Mais je vais tenter de biaiser. J'ai bien dit biaiser, avec un i, et je n'ai pas mis le i juste pour allonger le truc (oh , là je m'égare). Ne vous apparait-il pas comme à moi, que cette longueur de post n'est en rien une donnée objective, mais bien plutôt quelque chose de l'ordre de la sensation, et donc par là-même, ne sommes-nous pas dans le domaine de la subjectivité ? Je m'explique, ça va pas être long. En effet, je prends mon exemple. Elle est gonflée, allez-vous penser. Non, c'est que je n'ai rien d'autre sous la main. Je tape, avec trois ou quatre doigts, assez rapidement, et je ne réfléchis pas vraiment à ce que j'écris, comme vous avez pu vous en apercevoir, si vous m'avez suivi jusqu'ici. En conséquence, ce post n'a pas été long à écrire (notez qu'il n'est pas fini). Mais que sais-je, moi, de la vitesse à laquelle vous le lirez, si tant est que, n'écoutant que votre courage, et dans la mesure où vous n'avez pas de lait sur le feu, ni de problème de dyslexie, vous le lisiez jusqu'à son point final ? Pour vous, sera t'il long, ou court ?

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j'ai l'impression qu'on avance. Enfin, quand je dis qu'on avance, c'est parce que je suis d'un naturel optimiste, car hélas, si j'essaie de m'élever un peu, ou de prendre du recul, j'ai plutôt l'impression qu'on patauge. Peut-être conviendrait-il que je fasse une incursion dans les oeuvres complètes de Spinoza ou de Kant, pour y chercher la lumière ? Mais outre que je ne sais foutrement plus où je les ai rangés, du coup ça nous ferait perdre du temps. Et tiens quand je prononce ce mot, le temps, là il me vient un truc genre la pomme sur la tête à Newton, ou l'euréka de l'autre qui passait son temps dans sa baignoire, bref, une révélation. À quoi pensait Karagar en parlant de post long ? Au temps, ou à l'espace ? J'avoue que j'en suis toute décontenancée. Je n'ai pas, mais vous allez sans doute pouvoir m'aider, je n'ai pas tout bien compris aux travaux du grand Albert, et du coup, temps, espace, E = MC2, U2, UB40, H1N1, tout ça me turlute. J'ai peur de dire une grosse bêtise, et de finir sur un bûcher.

Bref, (oh le joli mot que voilà) et puisque le temps passe (mais l'espace, lui, il passe ou il reste ?) et que demain, enfin non, tout à l'heure, je vais quand même devoir me lever, même si je ne dispense pas de cours, car je suis dispensée de cours, il est plus que temps que j'aille m'étendre dans les bras de Morphée, rejeton d'Hypnos et frangin d'Oneïros (ça c'est un message pas du tout subliminal que je me permets de glisser traitreusement à l'usage de Karagar que la mythologie fait suprèmement chier). Mais voici qu'au moment d'envisager de vous quitter, le doute m'étreint à toute vapeur : n'ai-je pas été un peu brève ? N'ai-je pas une fois de plus, mais que voulez-vous, il paraît qu'on ne se refait pas, cédé à ce défaut récurrent que déjà au lycée les professeurs stigmatisaient régulièrement et en des termes parfois désobligeants, et désobligée je l'étais, car même à dix-sept ans, on a son petit ego, et il pèse lourd l'ego, surtout quand c'est un haltère ego, lorsqu'ils annotaient mes pensums bi-mensuels d'un cinglant « travail intéressant qui gagnerait à être plus développé » ? Ah tenez, si je ne me retenais pas, je recommencerais tout, de A jusqu'à Z, et là enfin, laissant la bride sur le cou de ma timidité naturelle, là, je poserais enfin les vrais questions, et je ne lâcherais pas le morceau avant d'y avoir répondu. Mais je crains de vous lasser. J'abrège. Au fait, c'est qui l'idiot qui a dit « les plus courtes sont les meilleures ? »

Par KarregWenn - Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires
Publié dans : Les rigolades de Dame K
Mardi 17 novembre 2009
ET BEN VOILÀ
TU L'AS TA RÉPONSE,
'SPÈCE DE BUSE !
OUI, MERCI BEAUCOUP,M'SIEU OVERBLOG
Par KarregWenn - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Publié dans : Les rigolades de Dame K
Lundi 16 novembre 2009
 Au début, elle était super timide



À force de lui parler, elle s'est un peu enhardie, mais bon, flemmarde, hein !



Alors je lui ai dit deux mots au sujet de sa cousine de P..., qui était comme ci, qui était comme ça, que si ça continuait elle n'irait pas sur le blog, et elle a arrêté de faire sa mijaurée.


Seulement là maintenant, elle ne se sent plus. Fais-moi un gros plan, et une contre-plongée, et mon profil droit il est comment...FFuuuu



Nooon ! Pas celle-là, chuis floue !
Et ce truc rose, là à côté, c'est quoi ?
Marie-Lise, tais-toi, c'est moi qui décide.








Et moi ? dit une petite voix, j'ai pas droit ?
Je suis trop petite ? j'ai droit qu'aux arrière-plans ?
Le truc rose c'est moi, hein ?
Mais si allez, t'es belle aussi.




Par KarregWenn - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Publié dans : L'oeil de Dame K
Dimanche 15 novembre 2009
Découvert aujourd'hui chez gael, merci à lui















Amoureux de Brest et les autres, à visiter absolument, chez Wen,



Par KarregWenn - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Publié dans : L'oeil de Dame K - Communauté : Les Bretons sont dans la place
Jeudi 12 novembre 2009
Ah elle est belle la Karreg aujourd'hui ! Raide comme un barreau de chaise, mais plié le barreau. Vous voyez ? On a poussé le premier ouille au saut du lit, enfin quand je dis au saut...Passée la surprise on s'est lentement et précautionneusement extirpée de la couette, pas en rampant mais presque. S'asseoir, essayer de repérer quelle est cette salope de vertèbre qui s'est mise de travers sans prévenir les copines, se motiver, allez, on se met debout, si, si, on se déplie...Et surtout on ne se replie pas, sous aucun prétexte. Bon essayez d'enfiler un pantalon sans plier ne serait-ce qu'une jambe. Merde, le tee-shirt est par terre, je le laisse et j'en prends un autre ? Non je me baisse, et quoi, ben je peux pas me relever. Noooon ! Je m'imagine à quatre pattes visant le portable pour appeler quelqu'un, le foutu portable est dans mon sac, à l'étage en dessous. J'attrape un fou rire monstre. Ne jamais rire quand on a les vertèbres collées. Atroce.
Bon, me voilà assise, après quelques péripéties, des aïes et des ouilles en chapelets, quels gros mots, un coussin sous les fesses et un oreiller dans le dos. Et des conjectures. Se vêtir chaudement et aller marcher à petit pas prudents le long de la mer pour essayer de remettre tout en place, prendre une douche super chaude et se frotter d'huile ? Euh...faut y arriver...Ou rester devant l'écran à poster des âneries ? Oui, mais zut. Et puis même poser un doigt sur le clavier déclenche la douleur dans les reins.
Bon on rigole, mais on voit pas le fond du bol. Demain je bosse. Pas question de pêter une demi-journée de salaire. Si je me faisais prêter un déambulateur pour faire mon cours ? Je vois la scène. Bon, faut pas que je rigole. Faut pas.
Bon, allez, c'est décidé, je sors. Si vous ne me voyez pas revenir, appelez les pompiers. Ils peuvent amener leur calendrier.
Par KarregWenn - Ecrire un commentaire - Voir les 13 commentaires
Publié dans : Les aventures de Dame K
Dimanche 8 novembre 2009
En vrai c'est pas tout de suite, on croit qu'on a le temps de voir venir. Erreur funeste.
Ce midi je déjeunais, d'une excellente blanquette, chez mon grand frère. Là-bas ils ont commencé les grandes manoeuvres. On commence à faire la liste des tatas, cousins, fiancées des cousins, enfants, amis...qui ont délicatement fait savoir que ça ne leur déplairait pas de venir pour les fêtes. Une foule, je vous dis pas. Donc on fait le compte des lits d'appoint, gonflables, pliables, à une place, à deux places, des endroits où loger tous ces plumards. Bientôt on va causer achats, cadeaux, menus et vinasse.
Et là j'ouvre mon parapluie anti-emmerdements. En silence, vu que j'ai pas envie de déclencher les protestations tout de suite. Il reste tout de même encore un mois et demi, on va pas se pourrir la vie de suite. Mais faut prévoir. Parce que je n'ai aucune envie de me faire ch... avec une smala familiale assourdissante à qui je n'ai perso pas grand chose à dire, que je n'ai pas envie non plus de passer une semaine aux fourneaux vu que gentille belle-soeur n'est pas en forme, que tout le monde s'en tape et qu'elle va se croire obligée de faire la bonniche pour tout le monde. Bon, là je vois ce que ça va donner, ce midi un simple sourcil levé m'a valu des exclamations genre "Ben quand même, ça leur fait plaisir..." et oui, tellement plaisir qu'ils n'en foutent pas une rame. Ça m'éneeeeeerve !
D'habitude je fais ma BA,  je mitonne des tas de trucs à faire pêter la ceinture à une armée de crève-la-faim, après ils ont tellement bouffé qu'ils sont malades à crever, de mauvais poil, tout le monde s'engueule, c'est l'enfer. Mais cette année, j'ai pas envie. Et la gentille belle-soeur, faut qu'elle apprenne enfin à dire merde.
Donc, je prépare ma fuite. Je fais des plans. Je suppute. À quoi vaut-il mieux échapper, à Noyeux Joël ou aux cotillons du Nouvel an ? L'affaire demande réflexion et subtilité. Mais une chose est sûre, je me casse. Loin. En toute bonne mauvaise conscience. Tiens je vais aller faire la tournée des cathédrales, ou des concerts, ou un tro Breizh des vieilles pierres, où juste aller me planquer quelque part, avec une demi-douzaine de bons bouquins, sur une île, en priant Eole de souffler très fort. Limite, je fais semblant de partir et je reste chez moi, bien au chaud. Bon, ça c'est le plan B, en cas de verglas généralisé. Ah, je peux aussi attraper la grippe. Là chuis sûre d'être peinarde. Bon, tous ces projets vont m'occuper les semaines qui viennent. Je vous tiens au courant. C'est chouette Noël !
Par KarregWenn - Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
Publié dans : Les rigolades de Dame K
Samedi 7 novembre 2009
Ne pas se laisser intimider par la fenêtre du donjon, partir.
Accorder sa démarche au grand souffle du vent, avancer.
Oublier les froides aiguilles de l'averse sur le visage, regarder.
Boire un thé chaud et savourer le plaisir de l'énergie revenue.
Novembre est beau.





















Par KarregWenn - Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires
Publié dans : La mer de Dame K - Communauté : Les Bretons sont dans la place
Jeudi 5 novembre 2009
Ma môman me disait quand j'étais pitite "ne regarde pas la lune ou elle t'emportera". Ben quoi, moi j'aurais pas dit non...







Par KarregWenn - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Publié dans : L'oeil de Dame K
Mercredi 4 novembre 2009

Il faut, très cher toi et très chers autres, que vous imaginiez, autant que faire ce pourra, que KarregWenn a pour ainsi dire toujours vécu sans télé.

Un bref historique : mes parents attendirent pour faire l'acquisition d'un poste que leur réputée feignasse de fille ait décroché son bac. Père craignait que je délaisse mes pauvres chères études pour m'écrouler tous les soirs devant l'unique chaîne en noir et blanc. Non seulement feignasse mais un brun vicieuse je redoublai 1ère et Term', ce qui retarda d'autant le jour tant attendu. Ironie du sort, nous étions en 68 (post JC), la télé était en grève, et mon pauvre père fulmina quelques semaines contre ces salauds de grévistes gauchistes devant son poste tout neuf. Puis, les choses et les programmes étant redevenus normaux, il dut se rendre à la terrible réalité, il s'était privé pour rien car sa fille, nouvelle bachelière enfin et donc étudiante, n'en avait rien à cirer de la télé, préférant et de loin se pêter les oreilles sur France-Musique ou France-Inter, ce qui ne l'empêchait pas de piocher ses cours. En plus nous nous faisions la gueule, et je n'avais aucune envie de passer mes soirées avec eux sur le canapé du salon.

Les 10 années suivantes KarregWenn eut bien autre chose en tête que d'acheter un poste. De toute façon elle n'avait pas un radis à mettre là-dedans. Toutefois, elle visitait régulièrement papa-maman, et s'étant défâchée d'avec eux, ne boudait pas son plaisir à mater de temps à autres un Tournoi des 5 Nations (aaaah) ou un championnat de patinage (ouiiiiiiiii). Et puis avant la soupe du soir, invariablement et obligatoirement, feuilleton, météo, infos. Ah faut pas croire, j'en connais des trucs..., mais bon, une fois par mois en moyenne, j'ai pas bien eu le temps de me cultiver.

Puis l'enfant naquit. KarregWenn, pas extrémiste ni intolérante pour un sou, décréta la télé définitivement tricarde chez elle, non sa  chère petite te brune ne s'abrutirait pas dès le berceau devant d'innommables conneries franchouillardes ou pire, amerloques. Bon...une fois le temps, chez les grands-parents, un petit dessin animé … japonais...Heureusement Rotothée et Chantal Goyave étaient sur le déclin.

Dernier épisode télévisuel karregwennien, mon père, veuf depuis 10 ans et ne pouvant plus vivre seul, s'en fut chez mon grand Frère. Il n'avait donc plus besoin de sa télé...et me l'offrit. Je n'ai pas osé refuser. Ça sentait trop le cadeau d'adieu. Grand Fils était interne dans son collège, je pus donc me baffrer goulûment de toutes les nullités réputées pas regardables. Et je me baffrai, jusqu'à l'overdose, du lundi au vendredi pendant quelques mois. Ça tombait vraiment très bien, je déprimais à bloc. Télé, tout, les jeux, les séries, les films de la 6, la pub, canapé mou et plateau de trucs bien gras, le tableau était complet. Bon il y avait Arte, mais j'étais pas en état. Papa n'avait pas tort en fait, fifille était une feignasse. Heureusement la télé est tombée en panne, elle est partie à la déchetterie, et voilà comment des pans entiers de ma culture ne sont qu'une vieille dentelle mitée. Tout ça pour expliquer à Lancelot que je ne connais quasiment rien des références télévisuelles qu'il cite régulièrement. Je suis une vraie buse sur le sujet.

Par KarregWenn - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Publié dans : Les rigolades de Dame K
Mercredi 4 novembre 2009

Réfléchir, a dit Karagar. Il faut réfléchir. Réfléchissons donc, nuitamment, puisque de toute façon la pleine lune elle, en se réfléchissant dans nos fenêtres nous empêche de dormir. Je dois à l'honnêteté de préciser que je n'ai pas encore lu l'article de presse dont il est question dans sa note, mais au fond c'est tout comme, car je le connais bien ce discours qui rôde insidieusement dans le petit monde littéraire bretonnant. Il m'arrive même parfois de me dire que les louanges que l'on accorde si généreusement, et dans une belle unanimité, à mes propres livres en sont l'écho inversé et que je ne plais que dans la mesure ou d'autres déplaisent. C'est donc un peu égoïstement que cela me touche, mais qu'importe. Karagar pose une bonne question : « Témoigner serait acceptable mais pas de broder avec ce coton là ? » J'en pose une autre : le lecteur d'un témoignage n'est-il pas, ne se met-il pas dans une position différente, observatrice, extérieure, sans vrai risque, sans d'ailleurs que cela exclut un regard de compréhension, alors que le lecteur d'une fiction se trouve embarqué, bon gré mal gré, à partager les pensées et les actes des différents personnages,  à les faire siennes, à les vivre ? Ne nous arrive t'il pas parfois de devoir marquer un temps d'arrêt, nous rendant compte que l'auteur nous a mené là où nous ne voulions pas aller, dans ces contrées intérieures que nous nous interdisons de visiter alors même, et d'autant plus, qu'elles sont une part de nous-même ? Je pense là par exemple à des fictions mettant en scène les rapports étranges entre victimes et bourreaux. N'est'il pas autrement plus dérangeant de se sentir happé par ces histoires-là que de voir ou de lire les pires documentaires sur la persécution nazie, et on voudra bien m'excuser pour le parralèle ? La fiction nous prive du rempart de l'apitoiement et de l'indignation, et nous met en face de nos propres mystères. Elle nous déstabilise. Or on préfère en général rester en terrain connu, ou pour le moins se contenter d'observer à bonne distance, à l'abri d'un solide garde-fou. Voilà peut-être un peu qui explique le bon accueil fait au témoignage et le silence réprobateur devant le recueil de nouvelles .

Pour ce qui est de la réflexion à propos de la nouvelle du viol, là je dois dire que ça dépasse mon entendement. «  il y est même dit qu’un lecteur hétéro pourra sans doute difficilement lire la dernière nouvelle (le viol) jusqu’au bout » Doit-on comprendre que pour l'auteur de l'article le récit détaillé du viol et du meurtre d'une femme par deux hommes serait plus à la portée d'un lecteur hétéro ? Comme disait plus ou moins quelqu'un de connu, "Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu'ils disent."Réfléchir la-dessus est au-dessus de mes forces.

Quand j'ai découvert ce texte, j'ai effectivement eu du mal à aller jusqu'au bout. Pas parce qu'il s'agissait de trois hommes. Parce que la violence y atteignait un degré que je ne supportais pas de voir. Je l'avais mal lu, je le sais maintenant parce que je l'ai relu. Derrière les faits sont apparus les personnages, leurs désirs et leurs peurs, leurs débats intérieurs, les raisons de leur déraison. Ce texte m'a choqué, et me choquera toujours, mais il m'a au moins appris à aller plus loin que les apparences, à dépasser l'incompréhension. Calyste parlait dans une note récente des livres « coups de poings dans le ventre ». Je voudrais dire à l'auteur de la « critique » qu'il prend peut-être les lecteurs pour des demeurés et des pleutres. Que peut-être bien ceux-ci préfèrent être bouleversés par un livre que de s'endormir sur des bouillons sans goût dont le souvenir s'efface très vite. Et là je ne parle plus du tout de la nouvelle de Karagar, mais de la littérature en général.

Pour terminer sur une note plus rigolote, la dernière phrase citée par Karagar me fait pouffer. «  Depuis la sortie de Pa*r Diba*r, ce n’est un secret pour personne que Karagar est homosexuel. » Peut-être bien les éditeurs devront bientôt pondre des couvertures de ce genre :

Les aventure de Trucmuche

Roman

Robert(e) Duschmoll

(homo)

(hétéro)

(lesbienne)

(bi)

(trans)

(…)


Bon, fallait bien que je finisse par une ânerie. C'est la faute à la pleine lune.

Par KarregWenn - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Publié dans : Les questions de Dame K
Mardi 3 novembre 2009

Après avoir lu ici Je suis en colère, et quand je suis ainsi je dis souvent des bêtises, mais tant pis, il faut que ça sorte. La réflexion viendra, mais après, une fois calmés les vents mauvais.

Comment peut-on être aussi bête, mon Dieu ! Comment peut-on à ce point confondre jugement moral et critique ?  De quel droit d'ailleurs ces jugements moraux, ces condamnations qu'ils n'osent même pas prononcer, qu'ils ne font que sussurer, qu'insinuer ! Où sont les articles parlant du style, analysant la conduite des textes, jugeant de façon équilibrée et argumentée du niveau de langue ? Ce ne sont pas des critiques littéraires que nous avons, mais des petits ayatollahs minables et ignorants. Karagar le dit pour lui, mais je le reprends à mon compte, nous aimerions que l'on critique nos livres, de façon constructive, comme ils le méritent, comme le mérite toute création. Qu'on nous reproche la faiblesse de notre travail si nous le méritons. Mais ça ils ne savent pas faire les petits curés aux fesses serrées. Ils ne savent qu'éructer, faire peur, condamner. C'est un aveu de faiblesse. S'ils ne me mettaient pas tant en rage, j'aurais pitié d'eux. Pour un peu ils m'ôteraient l'envie d'écrire, et pourtant je ne leur ai pas , moi, donné l'occasion de monter en chaire.  Mais non, bien sûr, ce serait leur donner raison.

Pitié aussi du triste état de la littérature bretonne., maintenue dans une enfance perpétuelle par une clique de bien-pensants.

Ils ne veulent pas voir que l'homme est fait de violence autant que de douceur, d'amour autant que de haine ? Ils aiment la tiédeur, la fadeur, le joli, le bien-pensant ? On va leur en servir et attendre les félicitations rassurées ? Non, C'est terminé.

Par KarregWenn - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Publié dans : Les râleries de Dame K
Lundi 2 novembre 2009
PERSONNE
NE M'A DIT QUE MA NOUVELLE BANNIÈRE EST BELLE...
ELLE EST MOCHE ??????
Par KarregWenn - Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
Publié dans : Le sac à tout de Dame K
Dimanche 1 novembre 2009
Quand j'étais petite, je vous parle là d'une époque lointaine, mais pas autant quand même que cette photo, les Toussaints parisiennes se résumaient pour moi à une grosse betterave rouge creusée, garnie d'une bougie, et placée sur la cheminée. Réminiscence d'un lointain halloween qui ne devait rien à la mode. Un peu plus tard ça se gâta. À distance j'ai parfois l'impression, et c'est bien sûr faux, que mes étés n'étaient qu'une perpétuelle Toussaint. Ma mère était une femme à cimetière. Je me demande si ce n'était pas là qu'elle se sentait le mieux. Elle qui était si vivante dans la vie courante se transformait dès qu'elle mettait les pieds dans le champ de ses morts. Rien d'autre ne comptait pour elle dans ces moments-là. À mes yeux d'enfant elle devenait inaccessible. Fleurs au jardin, direction cimetière. Quelques jours de sécheresse, direction cimetière et arrosage. Dates anniversaires, direction cimetière. Fin des vacances, direction cimetière et nettoyage de tombe. Coup de vent sur la baie, direction cimetière et rétablissement des pots de fleurs malmenés. Promenade du soir, direction cimetière. Tournée des tombes. Famille, voisins, connaissances anciennes... KarregWenn suivait, de mauvais gré, mais suivait, portait des pots, rinçait des gravillons blancs, remplissait des brocs d'eau, brossait des granits, rongeait son frein et regardait la mer en attendant la fin des oremus maternels, et des bavardages avec les autres femmes. Le cimetière est le lieu des femmes. Des vieilles femmes. J'avais en ce lieu une vague sensation d'indécence. Qu'est-ce que je faisais moi, petite gamine, dans ce lieu de l'âge et de la mort ? Pourquoi m'y traînait-on si souvent, si longuement ? C'était quoi cette espèce de condamnation ? Entre prières maternelles et rappels à l'ordre quand je cédais à la tentation de jouer les équilibristes sur les bords des tombes, la révolte grondait, muette et grosse de futures tempêtes adolescentes. J'ai pris la phobie des cimetières. Non, la phobie de ce cimetière-là. Que tout le monde trouve si beau parce qu' entre les vieux pins il regarde la baie. Il y a maintenant le nom de mes parents sur l'une des tombes. Je n'y vais jamais. Grand Fils aime bien aller de temps en temps s'y asseoir, seul. Il a toujours l'air gai quand il en revient.
Par KarregWenn - Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
Publié dans : Les souvenirs de Dame K
Dimanche 1 novembre 2009
Il y a les vagues de Karagar, ici


celle d'Hokusai...



celle de Gustave Courbet...



celle de Victor Hugo...



celle de Camille Claudel...








Par KarregWenn - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Publié dans : L'oeil de Dame K
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus